Archive pour janvier 2012

Dans le micro-ondes: Élise Jetté

Mardi 31 janvier 2012

Dans le cadre de la série « Dans le micro-ondes », CISM vous présente ses artisans, animateurs, bénévoles, bons samaritains et autres piliers du 89,3 FM. Voici le questionnaire éclair d’Élise Jetté, animatrice des Charlottes.

Pour toi, CISM, c’est : VRAIMENT une grosse bibliothèque de disques cools!

L’album que tu as écouté 10 000 fois et que tu écouteras encore 10 000 fois : Boxer, par The National.

Tu peux interviewer la personne de ton choix. Quelle est la question que tu dois absolument poser : À Stephen Harper : « Pourquoi aimez-vous davantage les chats que les citoyens canadiens? »

Qu’est-ce que tes parents écoutaient quand tu étais jeune : The dark side of the moon en vinyle et les premiers albums de Genesis.

La pire ou la meilleure expérience en ondes : Avoir reçu un courriel gentil d’un auditeur qui avait suivi les conseils de ma chronique recette (je suis Ricardo).

Carte blanche dans une radio commerciale pendant 24h. Que fais-tu : Je m’empare de leur matériel musical désagréable. J’emmène le matériel en question dans une brouette jusqu’au milieu du pont Jacques-Cartier. Je joue au frisbee avec ledit matériel.

À part la radio, quels sont tes projets : Devenir Zooey Deschanel (elle est parfaite non?).

L’album de reprises parfait. Qui reprend qui : Je crois que Sylvain Cossette a su prouver que les albums de reprises sont des objets superflus…

Le plus beau son : Une poignante mélodie de piano.

Les images, c’est inutile parce que : Parce qu’en entendant que la voix d’un animateur, tu peux être très créatif sur ce à quoi il ressemble.

La radio au Québec a cruellement besoin de : D’arrêter de faire croire aux jeunes qu’il ne se fait rien de mieux que Marie-Mai en musique au Québec.

On ne parle pas assez de : De vocabulaire… Il y a trop de mots qui dorment dans l’attente d’être utilisés.

Pour écouter Les Charlottes, avec Élise Jetté, branchez-vous sur le 89,3 FM, le vendredi, de 14h30 à 16h!

Par Marc-André Labonté

Tympans chauffés : Goldroom sauce disco

Vendredi 27 janvier 2012

Après une semaine de température douteuse et déprimante (en ce vendredi après-midi, les options de sports d’hiver et de chutes de neige reposantes sont tout simplement ridicules), même si beaucoup d’albums m’ont chauffé les tympans, je dois remettre la palme à Josh Legg, de Los Angeles et à son projet Goldroom.

Le premier EP, évidemment nommé Angeles, offre quatre compositions de disco post-wave et autres « revivals » sonores qui font apparaître les palmiers et le soleil dans votre tête dès les premières notes. Je vous propose de prendre une marche, piste par piste, sur ce chaud boulevard musical.

« Morgan’s bay »: percussions simples, premiers pas mélodiques menés par un riff de guitare disco des plus classique. L’ouverture d’Angeles donne le goût de débuter son jogging à l’aube, en chantant « I see a face in a mask of sunshine/What if it was yours » à chaque fois qu’on croise un badaud. La simplicité répétitive même de cette chanson frappe par son efficacité. Épique.

« Night in Nantes »: détrompez-vous, il n’y a aucun lien avec le « Nantes » de Beirut, ici. Les cuivres du groupe de Zach Condon cèdent leur place à des synthés en boucle et à une ligne de basse qui bat le groove. Ici aussi, la simplicité de Legg fait le boulot. Les paroles, qui se bornent à « See the world through each other’s eyes », sont scandées de la même façon du début à la fin. Bonjour le ver d’oreille.

« Angeles »: La pièce titre est gonflée, elle aussi, par une ligne de basse entre funk et disco. Le rythme est tout aussi carré, fixé sur une structure en quatre temps, que celui des deux premières chansons. Après le midi rayonnant de « Night in Nantes », on plonge dans une ambiance de fin d’après-midi, de coucher de soleil en décapotable, alors que Legg se désole de devoir rentrer chez lui et de quitter la Cité des anges. Mais il sera de retour pour…

« City girls »: La pulsation s’accélère pour la fermeture du EP. Le buzz fait allusion à un club disco, à l’ultime chorégraphie à paillettes. Romantique éloge aux « filles de la ville », la chanson est agrémentée d’un passage instrumental où quelques notes pincées d’une guitare nasillarde résonne à merveille autour d’une mélodie de piano. C’est… hmm, envoûtant, en quelque sorte. Et le tout se solde de la même façon que ça avait commencé: une batterie en solo.

Ouaip! Une belle journée musicale, bien ancrée dans les clichés du genre, mais qui fonctionne!

Mention honorable à Hospitality et à Cloud Nothings, qui ont aussi meublé l’univers sonore de la semaine. J’aurai l’occasion de vous en reparler.

Par Marc-André Labonté

Silver Dapple en Session Live

Vendredi 27 janvier 2012

Hier soir, lorsque la pédale d’effet pour la voix d’Emily était activée, les lumières du studio souffraient de stroboscopie.

Silverdapple – Swannsong (Live à CISM) by CISM 89,3 fm

Écoutez la Session Live avec Silver Dapple en suivant ce lien.

Dans le micro-ondes: Paul Therrien

Mercredi 25 janvier 2012

Dans le cadre de la série « Dans le micro-ondes », CISM vous présente ses artisans, animateurs, bénévoles, bons samaritains et autres piliers du 89,3 FM. Voici le questionnaire éclair de Paul Therrien, animateur de La levée.


Pour toi, CISM, c’est : La radio que j’écoutais toujours quand j’étais livreur de café.

L’album que tu as écouté 10 000 fois et que tu écouteras encore 10 000 fois : Real gone, de Tom Waits.

Tu peux interviewer la personne de ton choix. Quelle est la question que tu dois absolument poser : Stephen Hawking. Et puis après?

Qu’est-ce que tes parents écoutaient quand tu étais jeune : Rock détente.

La pire ou la meilleure expérience en ondes : La pire : attaque de panique en direct. La meilleure : avoir animé la session live avec Eleni Mandell.

Carte blanche dans une radio commerciale pendant 24h. Que fais-tu : Je fais jouer les palmarès francophones de CISM de la dernière année.

À part la radio, quels sont tes projets : Gagner un Olivier et remplacer le système capitaliste.

L’album de reprises parfait. Qui reprend qui : John Zorn reprend Ken Vandermark.

Le plus beau son : Une balle de tennis parfaitement frappée.

Les images, c’est inutile parce que : C’est une forme éphémère et illusoire.

La radio au Québec a cruellement besoin de : Contenu sportif où on parle d’autres choses que du Canadien.

On ne parle pas assez de : La théorie des cordes.

Pour écouter La levée, avec Paul Therrien, syntonisez le 89,3 FM, le mercredi, de 12h à 13h!

Par Marc-André Labonté

Odezenne: du rap français à surveiller

Mardi 24 janvier 2012


S’il y avait une mouvance « rap-noir », en parallèle avec le courant cinématographique, pour faire honneur aux sombres détectives, au crime romantique, à la fumée de cigarette, au jazz et au noir et blanc des années 1950, je crois que Odezenne en serait le porte étendard idéal. Les Inrocks, eux, se bornent à appeler ça « rap 2.0« …

N’empêche, Odezenne, au début nommé O2zen, rassemble cinq musiciens de Bordeaux, provenant autant du monde du jazz que du slam. Ça grouille de talent, ça bouille d’innovation et leur deuxième album, OVNI (orchestre virtuose national incompétent), lancé en mars 2011 de l’autre côté de l’Atlantique, va bientôt s’offrir une refonte de luxe.

L’édition OVNI Louis XIV proposera cinq titres inédits, dont le percutant « Tu pu du cu ». Le tout paraîtra le 6 février 2012.

À découvrir.


Odezenne – Tu pu du cu par odezenne

Par Marc-André Labonté

Dans le micro-ondes: Étienne Dubuc

Lundi 23 janvier 2012

Dans le cadre de la série « Dans le micro-ondes », CISM vous présente ses artisans, animateurs, bénévoles, bons samaritains et autres piliers du 89,3 FM. Voici le questionnaire éclair d’Étienne Dubuc, directeur de la programmation et animateur des Geeks ont raison.

Pour toi, CISM, c’est : Une radio différente, qui ne se conforme pas et qui nécessite un effort pour être appréciée, mais qui te récompense doublement si tu en prends le temps.

L’album que tu as écouté 10 000 fois et que tu écouteras encore 10 000 fois : J’hésite beaucoup entre Blood sugar sex magik (Red Hot Chili Peppers) et The ‘59 sound (The Gaslight Anthem).

Tu peux interviewer la personne de ton choix. Quelle est la question que tu dois absolument poser : Dave Grohl. Est-ce que tu peux m’enseigner à être aussi « awesome »?

Qu’est-ce que tes parents écoutaient quand tu étais jeune: J’ai grandi avec l’album solo de Gerry Boulet qui jouait en boucle et la discographie de Beau Dommage.

La pire ou la meilleure expérience en ondes: Me faire surnommer « le professeur »  en ondes par Pierre Fortin (Les Dales Hawerchuk, Galaxie) et Charles Perron (Les Dales Hawerchuk, Les Frères Cheminaud) reste mon meilleur moment de radio jusqu’à maintenant.

Carte blanche dans une radio commerciale pendant 24h. Que fais-tu : Je remplace les humoristes par de vrais animateurs passionnés, je crée un règlement interdisant la diffusion d’une même pièce plus d’une fois par jour.

L’album de reprises parfait. Qui reprend qui : Y’en a pas d’albums de reprises parfaits. Faire une reprise, à la base, c’est une erreur.

Les images, c’est inutile parce que : C’est loin d’être inutile. Pas d’images, pas de pochette d’album et surtout, surtout, pas de bd.

La radio au Québec a cruellement besoin de : Sortir de la formule commerciale qui fait que toutes les radios sonnent pareil. Napoléon n’a pas conquis l’Europe en ne prenant pas de risques, mautadine!

Pour écouter Les geeks ont raison, avec Étienne Dubuc, syntonisez le 89,3 FM, le vendredi, de 9h à 10h30!

Par Marc-André Labonté

Tympans chauffés: Other Lives sur le tard

Vendredi 20 janvier 2012


Other Lives, quintette prometteur de l’Oklahoma, seront de passage à la Sala Rossa, le 15 février 2012. Leur dernier album, Tamer animals, est grandiose, doté d’une certaine majesté. Il est aussi paru en mai 2011…

C’est un peu frustrant de voir qu’on est passé à côté d’un très bon album, au moment de sa sortie. Les sept mois qui séparent le lancement de Tamer animals de la rédaction de cette chronique, pour plusieurs, peuvent paraître futiles.

N’empêche, je trouve que des maximes comme « mieux vaut tard que jamais », balancées pour se réconforter l’orgueil, ne font qu’office de vulgaire placebo. Mais je ne m’attarderai pas aux déboires occasionnés par une déformation professionnelle qui veut qu’on soit toujours le premier à être au courant de tout. Eh misère!

Retour au principal sujet.

Un gros merci à Étienne Roy, qui a pris le temps, lors d’un banal échange de courriels, de me signaler à quel point il avait été ému à l’écoute de l’album en question. J’ai pris la balle au bond et j’ai réquisitionné les services de mes tympans. Et là…

BAM!

Mais pas un gros « bam » comique, puéril et éphémère. Non, un attrait plus subtil, plus cérébral, venait de planter ses crochets dans ma matière grise. Le dernier né d’Other Lives peut être facilement comparé à Fleet Foxes ou à Timber Timbre (je pense à de vieux titres comme « Oh messiah« ) pour son côté vieillot, voire baroque. Mais il peut autant être associé à The Heavy, Radiohead, Arcade Fire, Sunset Rubdown, alouette!

Essentiellement, il s’agit d’une musique folk contemplative à souhait. Et, comme le veut le terme « contemplatif », il faut prendre son temps et se laisser bercer.

Dès qu’on s’abandonne à l’écoute, des paysages s’illuminent (épique enchaînement de « For 12″ et « Tamer animals »), des épopées empruntées à l’univers d’Enio Moriccone peuplent notre imaginaire (« Old statues » et « Desert »). Bref, Other Lives donne l’envie d’errer dans une contrée sauvage immense, péripéties et grands vents en prime.

Le tout est soigneusement arrangé au sein d’une mécanique musicale réglée au quart de tour. Ce qui me donne encore plus envie de voir comment se développent les harmonies denses du groupe sur scène.

Other Lives – For 12 from 4eyes on Vimeo.

En ce qui me concerne, ça promet. Alors, si vous êtes ébranlés par ce somptueux disque, rendez-vous à la Sala Rossa, le 15 février.

Par Marc-André Labonté

Ponctuation en Session Live

Vendredi 20 janvier 2012

Un bass drum rempli de coussins ou de couvertures, on a souvent vu ça, rempli avec une valise de livres, ça par contre c’était la première fois. Écoutez La bouteille pour savoir comment ça sonne!

Ponctuation – La Bouteille (Live à CISM) by CISM 89,3 fm

Et encore une fois, le lien pour écouter l’intégrale de la Session Live du 19 janvier.

Rencontre avec Mathieu Beauséjour: tout pour le rock

Mercredi 18 janvier 2012

Le lundi 2 janvier 2012, Mathieu Beauséjour animait la dernière édition des Éboueurs du rock, sur les ondes de CISM. Après 14 ans de radio, l’homme de 34 ans quitte le micro pour réorienter ses passions. Pour souligner l’occasion, mais aussi pour en apprendre plus sur le personnage, je me suis attablé avec lui dans un café, pour qu’il me raconte son histoire. Rencontre avec un grand fan de la scène locale et un éternel mélomane.

La genèse

Marc-André Labonté: Ok, je pense que tout le monde le sait, tu aimes le rock, tu manges du son. Mais à la base, au commencement, qu’est-ce qui t’a amené vers la musique? Ton premier contact marquant?

Mathieu Beauséjour: Mon père, comme pas mal tous les baby-boomers, était un « sale » fan des Beatles. Il avait une grosse collection de vinyles… Je devais avoir trois ou quatre ans, je fouillais dans ses disques et je suis tombé sur Magical mystery tour. J’ai mis ça sur la table tournante et ça a changé ma vie!

À Télé-Métropole [TVA], en 1984, il y avait aussi une émission de vidéoclips, avant Much, entre minuit et 6h du matin. C’était La grande nuit vidéo. Je regardais les premiers clips de Michael Jackson, Van Halen, Duran Duran et Weird Al Yankovic! C’était vraiment le début, MTV avait juste deux ans.

Quand j’étais ado, mon père, qui s’occupait du RadioShack de mon village, Saint-Michel-des-Saints, m’a confié la gestion de la section de disques du magasin. Ma mère, elle, supervisait le kiosque de journaux et de magazines. Je commandais toutes les revues de musique que je pouvais, je lisais tout ce qui me tombait sous la main et je faisais venir tous les disques « underground » qui m’attiraient. À Saint-Michel, personne n’écoutait vraiment de musique. Tout le monde aimait Metallica et Megadeth, mais, moi, je m’en foutais! Je découvrais Dinosaur Jr, Sonic Youth et Nirvana. Je tripais!

M.-A. L. : Ok, mais… pourquoi le punk, le rock et le garage tout particulièrement?

M. B. : C’est bizarre, dans le fond, parce que, au départ, ce qui m’a vraiment fait accrocher sur le milieu « underground » de la musique, c’est le hip hop! Je capotais sur les Beastie Boys, c’est certain. Mais il y avait aussi A Tribe Called Quest, De La Soul et Public Enemy. Ces gars là faisaient ce qu’ils voulaient et c’était super. Pourtant, quand le rap a commencé à avoir un gros succès commercial dans les années 1990, le son a changé et j’ai décroché. Je me suis rabattu sur le punk et le garage, parce que c’était ça qui restait vrai, à mes yeux.

Au début des Éboueurs, on faisait jouer du hip hop en ondes. C’est Étienne Roy, alors directeur musical de CISM, qui nous a demandé de se limiter au rock, à cause du nom de l’émission et aussi parce que, le lundi, avec Rock thérapie, était la soirée rock de la station. On a même fait un sondage auprès de nos auditeurs, à l’époque, pour leur demander s’ils voulaient encore entendre du rap aux Éboueurs du rock! Ils ont dit non!

Deux punks à Saint-Michel

M.-A. L. : Comment est-ce que ta passion t’a menée vers la radio et la scène locale?

M. B. : Au secondaire, j’avais un ami, Jean-François David, qui faisais la navette entre Montréal et Saint-Michel-des-Saints à chaque semaine. Il avait des contacts à Montréal et il revenait souvent avec des démos cassette de groupes locaux. Il est arrivé, un jour, avec le premier enregistrement de GrimSkunk, Autumn flowers, et Clown heaven and hell de Me Mom & Morgentaler! On n’en revenait pas! Il se passait vraiment quelque chose dans la scène locale et on était bien les deux seuls personnes à s’en préoccuper à Saint-Michel.

C’est aussi Jean-François qui m’a fait découvrir CISM. Il est revenu de Montréal en me disant qu’il avait entendu « Christ d’ostie d’tabarnak« , des Flokons Givrés, à la radio! J’ai dit: « Wow! Des sacres à la radio, ça, ça me parle! » Je me suis mis à syntoniser le 89,3 FM avec ma blonde de l’époque, à rêver de faire de la radio à CISM pour faire jouer de la bonne musique.

M.-A. L. : D’où ton arrivée à CISM, il y a 14 ans?

M. B. : Pas vraiment! Quand je suis venu en ville pour étudier, j’ai déposé des projets à CISM, mais ils n’ont pas été acceptés. J’ai finalement pu entrer sur les ondes du 89,3 FM en 1998, en tant que chroniqueur à Pir@te et libre [maintenant chez CKUT] et j’ai ensuite animé Ondes libertaires jusqu’en 2000, quand Olivier Lalande, directeur du comité musical de l’époque, m’a renvoyé. J’ai fait un détour par Choq.fm en 2002, avant de revenir à CISM avec la première mouture des Éboueurs du rock, en 2003.

La grosse affaire

M.-A. L. : Tu as pu, au fil des ans, te construire toute une réputation avec Les Éboueurs du rock!

M. B. : C’est certain! Depuis que j’ai arrêté, mon téléphone n’arrête plus de sonner. On m’offre des contrats de DJ, on me remercie… Je n’imaginais pas recevoir autant de reconnaissance! En même temps, beaucoup de groupes sont déçus que ça prenne fin. Ils étaient nombreux à faire parler d’eux grâce à l’émission.

M.-A. L. : Oui, mais, même si tu as fait vivre le « show » en solo pendant plusieurs années, il n’y a pas eu qu’un seul éboueur du rock…

M. B. : Mets-en! Une émission de deux heures, seul, me demandait d’écouter une soixantaine d’albums par semaine. J’aimais quand même ça, mais la motivation s’envolait plus vite. En 2003, quand on a commencé, j’étais avec mon frère, Philippe (Phil Console, Il Danse Avec Les Genoux), Nicolas Boutin et Hans Poirier. Chacun y allait de son style musical de prédilection et on voulait faire une sélection musicale démocratique; que les quatre animateurs approuvent les chansons. C’était difficile… Nicolas aimait l’indie rock et Hans se vouait au ska et à la musique oi. Ils sont tous partis, l’un après l’autre et je me suis retrouvé tout seul.

En 2007, j’animais aussi la grande traversée du jeudi, Art trash et mauvais goût, avec ma copine de l’époque, Fanny Savoie. L’émission a été fusionnée aux Éboueurs du rock par Guillaume Vincenot, alors directeur de la programmation. Fanny a donc rejoint le « show » et, avec Vincent Couture (P/DO P/DRO) et Kevin Tremblay (Vautours) on était quatre à nouveau!

Mais ils sont tous partis, eux aussi! Mon frère est revenu à ma demande. Je me souviens qu’en 2010, après une entrevue avec The Peelies qui s’était super bien déroulée, on s’est regardé, Philippe et moi et on s’est dit que c’était peut-être le moment d’arrêter, avant que l’émission ne soit plus bonne… J’ai quand même continué à jongler avec l’idée, en solo, pendant deux autres années!

M.-A. L. : Mais ça fait quand même presque dix ans que tu couvres le même milieu! La scène locale est-elle encore la même depuis tout ce temps? Tu as vu ça changer sans perdre ta motivation?

M. B. : J’ai arrêté AVANT de perdre le feu sacré! Je l’ai encore, mais je pense avoir fait le tour des possibilités radio. C’est vrai que tout a changé. Même si on abordait le rock garage et obscur à l’international, je me suis toujours fait le porte-parole de la scène locale. Après toutes ces années, les musiciens du milieu sont presque tous mes amis. Tellement qu’on me reprochait souvent d’être trop « fan » lorsque j’interviewais des groupes que je connaissais et que j’aimais bien! Pourtant, aujourd’hui, la plupart des groupes que j’ai vu débuter sont en rupture ou en arrêt. Je pense à CPC Gangbang, les Vautours ou The Demon’s Claws. Le milieu est petit et incestueux, ici comme ailleurs. Les mêmes musiciens se retrouvent sur plusieurs projets à la fois et les nouveaux visages sont rares.

Il y a aussi un manque d’organisation et de solidarité. Les chicanes entre groupes persistent parfois sans raison et, avec la spécialisation des genres musicaux, on dirait que, depuis les Gruesomes, chacun reste campé dans son style et personne n’invite des groupes musicalement différents à les accompagner en tournée. On ne verra pas de groupe électro-rock sur scène avec un artiste punk garage et ainsi de suite.

M.-A. L. : Pas d’espoir pour la scène locale, donc?

M. B. : Oh, mais oui! Je vais toujours continuer d’y croire! Montréal a vraiment une sphère musicale particulière et, avec des groupes comme P/DO P/DRO et Jesuslesfilles, je pense que la relève est assurée.

Take a look

M.-A. L. : Juste comme ça, parmi toutes les entrevues des Éboueurs du rock, quelle est la pire et la meilleure?

M. B. : Hmmm, la meilleure, c’est drôle, mais je pense que c’est celle avec The Sainte-Catherines. Je dis « c’est drôle » parce que c’est loin d’être un de mes groupes préférés, alors j’étais moins excité à l’idée de les avoir en entrevue. Mais j’ai été surpris! Ils étaient tordants! On a fini par rire de Babu et déconner. C’était vraiment un bon moment, mais il y en a eu d’autres, comme ma rencontre avec Bérurier Noir ou les gars de Guitar Wolf!

La pire, c’est définitivement quand on a reçu Beat Happening.

M.-A. L. : Beat Happening? Tu veux dire Calvin Johnson, le fondateur de K Records?

M. B. : En plein ça! Il était en concert au Friendship Cove et j’étais allé lui poser des questions pour une webtélé française avec laquelle je collabore. Bon, moi, un de mes héros, en entrevue, c’est Nardwuar et il aime poser des questions en remontant dans le passé de ses invités. Alors j’ai voulu faire de même avec Johnson et il n’a pas aimé. Il m’a dit qu’il avait un nouvel album, qu’il était en tournée et que c’était de ça qu’il voulait parler. Quelques jours après, on le reçoit aux Éboueurs. Dès qu’on entre en ondes, il me balance: « Des questions comme l’autre soir au Friendship Cove, je n’en veux pas ce soir, c’est clair? » Le malaise était total.

Tourne la page

M.-A. L. : Maintenant que c’est terminé, la radio, est-ce que c’est aussi la fin des Éboueurs du rock?

M. B. : Pas vraiment, non. Je suis en train de plancher sur une version télé, possiblement sur Internet, de l’émission. J’ai toujours adoré l’animation et j’aimerais présenter un genre de « puppet show », un genre de Sesame Street pour adultes, où je présenterais la scène locale, mais aussi d’autres milieux underground et émergents du monde. Il y a déjà Mathieu Trudel, qui a travaillé sur la série Ren & Stimpy, un gros fan de notre émission, qui est arrivé avec un concept. David Leclerc, qui a réalisé les vidéoclips de King Khan & BBQ et le réalisateur de « Détruire« , des Marmottes Aplaties, sont aussi intéressés à se joindre au projet.

M.-A. L. : Je sais que tu as dis que tu ne voulais pas gagner ta vie comme DJ à 40 ans. Il te reste donc environ six années pour réorienter ton chemin. Où aimerais-tu te retrouver, éventuellement?

M. B. : Haha! Oui, c’est vrai. Pour le moment, ça fait l’affaire, être DJ. Je pense, idéalement, que je voudrais me retrouver dans les médias, pour parler de ce qui me passionne: la musique. J’ai quitté CISM, mais ça ne veut pas dire que, la radio, c’est terminé pour moi. On va tourner le pilote pour la version vidéo des Éboueurs du rock et on verra où ça nous mène. Sinon, il y a le projet karaoké punk dont je fais partie, avec d’autres gars de la scène locale rock. On a commencé ça à l’Esco, mais on a reçu beaucoup d’offres pour aller en région. On pense peut-être partir en tournée! Alors disons que je ne m’en fais pas trop pour la suite des choses.

Par Marc-André Labonté

Du nouveau pour Marie-Pierre Arthur

Mardi 17 janvier 2012

Le 7 février, Marie-Pierre Arthur récidivera avec un deuxième album, Aux alentours. Un premier extrait, « Fil de soie », est déjà en écoute, pour ceux qui ne peuvent pas attendre.

Le folk de la jeune chanteuse semble osciller davantage vers un son plus rock, plus pop, à la Karkwa (François Lafontaine réalise l’album). L’instrumentation et les arrangements en témoignent, mais l’interprétation reste sous le total contrôle de Marie-Pierre Arthur… et c’est tant mieux!

Gâtez-vous!

Par Marc-André Labonté