Archive pour mars 2012

Dans le micro-ondes: Jean-François Rioux

Vendredi 30 mars 2012

Dans le cadre de la série « Dans le micro-ondes », CISM vous présente ses artisans, animateurs, bénévoles, bons samaritains et autres piliers du 89,3 FM. Voici le questionnaire éclair de Jean-François Rioux, animateur des Criquets crinqués.


Pour toi, CISM, c’est : La liberté musicale, le droit à l’intelligence, le respect, la nouveauté et la recherche musicale de gens passionnés, non blasés par l’argent versé par leurs commanditaires et leurs obligations de resservir la même soupe indigeste toutes les 60 minutes entrecoupées de météo.

L’album que tu as écouté 10 000 fois et que tu écouteras encore 10 000 fois : The Multiple Cat, « Territory » shall mean the universe (Zero Hour, 1996). Je m’obstine à ne pas comprendre pourquoi cet album ne se vend pas davantage que ceux de Lady Gaga. Mais j’écoute souvent en boucle les albums de Nada Surf, Notwist, Earth, Julie Doiron, Papercuts, Jeremy Jay, Haze & Shuffle et des centaines d’autres!

Tu peux interviewer la personne de ton choix. Quelle est la question que tu dois absolument poser : Jean Charest. « Êtes-vous venu au monde pour mentir et écoeurer le peuple québécois? » Question aussi valide pour Stephen Harper et Justin Trudeau.

Qu’est-ce que tes parents écoutaient quand tu étais jeune : J’aime mieux ne pas en parler. Je peux juste dire que, par inadvertance, j’ai appris le catalogue de Jean Lapointe au complet. Torture. Je me lève encore la nuit pour pleurer, parfois.

La pire ou la meilleure expérience en ondes : Ce sont toujours des fous rires et, avec deux fanfreluches après moi, ça arrive souvent. Alexandre Fontaine-Rousseau et Jean-François Cadieux des États altérés. Quoique lors de ma première saison, en 1996, je me rappelle quelque chose qui ressemble à une toux-suivie-d’une-flatulence qui a mis toute une ambiance radiophonique pendant quelques instants. Était-ce moi, ma co-animatrice, ou le metteur en ondes? Je ne m’en souviens pas, mais rappelle que le DG est venu nous voir… pour savoir qui avait pété. Il en avait les larmes aux yeux.

Carte blanche dans une radio commerciale pendant 24h. Que fais-tu : Jouer ma collection de disques, ou, enfin, les plus grandes chansons selon moi. En espérant que les gens écouteront/apprécieront et qu’ils découvriront vraiment des bonnes choses. Sinon, avec une carte blanche, je virerais tous les gens qui travaillent dans les radios commerciales, sauf Babu. J’aime ça le voir se caler lui-même.

À part la radio, quels sont tes projets : Trop, vraiment. J’ai fondé le magazine Emoragei en 1996 (qui voulait dire à l’époque : émotion, rage et indépendant, soit dit en passant). Je suis à la barre des Criquets crinqués depuis 12 ans, j’ai un label qui se nomme Where Are My Records, je dirige le festival Under The Snow et le Salon du disque et des arts underground de Montréal, je travaille avec l’équipe du festival Diapason à Laval, je fais de la musique, je suis pigiste, on m’engage aussi pour aider les groupes indépendants à l’occasion et je dépanne dans un disquaire les fins de semaine. J’ai quelques autres projets, mais pas encore dignes de mention.

L’album de reprises parfait. Qui reprend qui : Death Cab For Cutie ou Postal Service jouent Phil Collins.

Le plus beau son : Celui des mini-wheats.

Les images, c’est inutile parce que : De toute évidence, je ne suis pas beau comme Sébastien Benoît.

La radio au Québec a cruellement besoin de : Moi.

On ne parle pas assez de : De la convergence, de la justice si inégale, des ministres corrompus… En fait, on en parle, mais ça n’aboutit jamais à rien. Sinon, on devrait parler des groupes sur mon label, ils sont tellement bons : Below The Sea, Destroyalldreamers, Barzin, Rroselicoeur, Bathyscaphe, epic45, Readymade, The Fatales, Parallel Lines, Glider, etc.

Pour écouter les Criquets crinqués avec Jean-François Rioux, ajustez votre appareil sur la fréquence de CISM, 89,3 FM, les lundis, de 22h à minuit.

Par Marc-André Labonté

Pierre Fortin en Session Live

Vendredi 30 mars 2012

Premier essai d’interprétation de ses chansons en duo pour Pierre, à en juger par les jams insérés ici et là, c’est une réussite.

Pierre Fortin – Back Home (Live à CISM) by CISM 89,3 fm

Suivez ce lien pour écouter la Session Live.

Jam et Pdox en Session Live

Lundi 26 mars 2012

Nous avons fêté le début du printemps la semaine dernière en recevant Jam & Pdox pour notre dernière Session Live du mois de mars. Ouvrez vos fenêtres et écoutez la chanson Ouch, un excellent avant-goût de l’heure passée avec le duo.

Jam & Pdox – Ouch (Live à CISM) by CISM 89,3 fm

Tympans chauffés: Avec Pas d’Casque et la québécitude

Mercredi 21 mars 2012

Préparez-vous à en entendre parler, du tout nouvel album d’Avec Pas d’Casque. Avec Astronomie, le groupe frappe un grand coup et s’inscrit déjà parmi les incontournables de 2012.

Constitué, à la base, de Joël Vaudreuil et Stéphane Lafleur, devenu trio avec l’arrivée de Nicolas Moussette en 2008, Avec Pas d’Casque est maintenant un quatuor, accueillant Mathieu Charbonneau (Torngat, Ferriswheel, The Luyas) en renfort.

Si, sur ce nouvel opus, le son folk-country assez rudimentaire de la formation ne s’écarte pas trop du chemin emprunté sur leur premier démo, solidifié sur Trois chaudières de sang et bordé de quelques excentricités « fauniques » avec Dans la nature jusqu’au cou, il se présente en un tout homogène, pertinent et peut-être même encore plus authentique qu’avant. Le groupe ne se réinvente pas, mais il évolue avec maturité.

Oui, Avec Pas d’Casque garde quelque chose de particulier. C’est peut-être la plume de Stéphane Lafleur,  si singulière, honnête, naïve, imagée et… québécoise dans ses expressions, dans la réalité qu’elle dépeint, qui frappe le coeur comme la tête. C’est peut-être la façon tout aussi québécoise avec laquelle Lafleur livre ses textes en chant, en inflexions nonchalantes qui se foutent du qu’en dira-t-on. C’est peut-être l’emballage musical de plus en plus raffiné, ponctué par le jeu subtil de Joël Vaudreuil à la batterie, par les harmonies vocales de ce dernier, par le lap steel et la basse simple et efficace de Nicolas Moussette et l’ajout du baryton de Mathieu Charbonneau. C’est peut-être l’ensemble de tout ces facteurs réunis. C’est peut-être que mes lunettes sont à l’envers…

Mais bon, je vous entraîne dans une analyse de chaque morceau d’Astronomie, question de vous mettre le cérumen à la cochlée (ben quoi… vous connaissez un meilleur équivalent sonore à l’expression « mettre l’eau à la bouche »?). Parce qu’on ne parle plus assez d’albums dans ce monde de consommation musicale à 0,99$ la pièce. C’est bien de se souvenir qu’il y a un processus créatif derrière un album, derrière l’ordre des chansons, les enchaînements. M’enfin, c’est parti!

« Intuition #1″ : L’ouverture de l’album est construite en grand crescendo (un peu comme « Talent »). C’est nouveau pour le groupe et ça fait du bien. On a l’impression d’errer dans une plantation brumeuse, on hésite. C’est le départ. « Tu diras que c’est l’instinct qui t’a mené jusqu’ici/Ce sera ton camp de base », chante Lafleur.

La chanson annonce le ton du disque : doux, gris, d’une triste beauté. Astronomie, c’est comme un phare dans le brouillard. Un repère où l’on se pose, en attendant de voir plus clair. Et ça continue avec…

« Défrichage » : La brume s’est levée, le soleil aussi. On part du « camp de base ». On cherche à tâtons vers quel bord on doit se diriger. Musicalement, la chanson rappelle beaucoup « Un nez qui saigne », sur Dans la nature jusqu’au cou. Beau.

« La journée qui s’en vient est flambant neuve » : Superbe usage d’une locution bien d’ici. Cette troisième piste de l’album est le moment le plus « fou » d’Astronomie. Par fou, on fait référence à « L’amour passe à travers le linge » ou « Si on change les équipes ce n’est plus une revanche ». Il y a quelque chose de naïvement réconfortant dans la promesse qui veut que la journée qui vient soit flambant neuve. C’est une de ces images, propres à l’univers de Stéphane Lafleur, qui parlent d’elles-mêmes. Pensez à « En attendant que ça paye ».

« Apprivoiser les avions » : Épique, magnifique épopée country racontant l’histoire d’une relation marquante qui n’est plus. Sept minutes de pure beauté, ficelée autour d’un même motif mélodique qui se répète à l’infini. Ça donne le goût d’aller s’échouer à Mirabel (vous savez, l’aéroport international financé par Trudeau, qui ne porte pas son nom et qui est à l’abandon?). Pensez à « La pire journée au monde ».

« Talent » : Une autre chanson en vagues, en crescendos. « Talent » fait merveilleusement suite à « Apprivoiser les avions » (le « pacing » de l’album est aussi efficace dans son entièreté). Ici, Lafleur semble s’émerveiller de la rencontre d’une personne aux capacités inhabituelles (« voir des formes dans le bois, de même », « dompter les rêves qui dévorent les hommes », « aimer les gens [sans vraiment les connaître]« ). Touchant.

« Deux colleys » : Un si petit texte qui meuble si bien une musique qui évoque la nuit, le rêve… « Va où tu vas/va où tu veux/comme deux colleys. » C’est étrange, mais on les imagine très bien, ces deux chiens, courir dans un champ, bourré de lucioles, pas loin des flammes, en écoutant le morceau.

« Astronomie » : Très courte composition instrumentale, qui fait le pont entre la fabulation imagée de « Deux colleys » et qui nous amène à…

« Veiller le feu » : Bam! On se retrouve devant un feu de camp, alors que Stéphane Lafleur questionne l’avenir éventuel d’une relation. Survivrons-nous à l’inévitable routine, aux tempêtes, aux travers qui agacent : « Tu voudras que je préfère/j’haïrai évidemment[...]Voudras-tu de moi demain? » La chanson se termine par un passage cuivré, un peu comme sur « Apaiser le singe ».

« Les oiseaux faussent aussi » : Conclusion magnifique. Lendemain de nuit mouvementée, réveil accompagné, déboussolé, incertitudes… Pour illustrer cette fresque de sentiments confus, Lafleur s’est inspiré d’une curiosité de la nature, prouvée scientifiquement, voulant que certains oiseaux faussent, eux aussi. Ceux-ci en sont désavantagés lorsqu’ils doivent séduire leur partenaire. L’auteur en a fait un refrain poignant qui vient mettre le point final à l’album.

Si vous ne connaissez pas encore Avec Pas d’Casque, vous pourrez toujours les découvrir avec Astronomie.

Bonne écoute.

Par Marc-André Labonté

Dans le micro-ondes: Guillaume Nolin

Mercredi 21 mars 2012

Dans le cadre de la série « Dans le micro-ondes », CISM vous présente ses artisans, animateurs, bénévoles, bons samaritains et autres piliers du 89,3 FM. Voici le questionnaire éclair de Guillaume Nolin, animateur de Schizophrénie.

Pour toi, CISM, c’est : C’est plus qu’une radio, c’est une école de pensée. C’est l’idée qu’on peut faire confiance à l’intelligence de notre public, qu’on puisse leur proposer des concepts qu’ils ne digèreront peut-être pas instantanément. C’est aussi d’être farouchement indépendant, de se servir de notre propre jugement, de nos propres sensibilités pour faire notre programmation, pas seulement au gré de la saveur du moment. Je crois que ça découle de la tradition des « college radios » américaines, mais c’est décuplé par le fait que CISM est au centre d’une culture vraiment distincte du reste de l’Amérique du Nord. Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’ignorer ce qui se fait ici et ce qui vient d’ailleurs et qui est franchement original. Nous n’avons pas le choix d’être différents.

L’album que tu as écouté 10 000 fois et que tu écouteras encore 10 000 fois : Le premier album que je me suis procuré: 1967-1970 (album bleu) des Beatles. Je ne connais personne à l’épreuve de ça.

Qu’est-ce que tes parents écoutaient quand tu étais jeune : Mon père est un grand fan de jazz. Il a une collection impressionnante d’enregistrements « grichants » de chanteuses des années 1940 (Billie Holiday, Ella Fitzgerald, etc.). Comme tout québécois de sa génération qui se respecte, il possède également une bonne sélection de « prog ». Sinon, on a écouté de la chanson francophone, de Brassens à Daniel Bélanger. J’ai même converti mon père à Jimmy Hunt!

La pire ou la meilleure expérience en ondes : Jadis, au cours de ma longue carrière à CISM, je venais parfois me glisser en studio vers 2h du matin et je faisais de la radio jusqu’à 6h, à la place des rediffusions et des mix de nuit. C’était de la radio à l’état pur.

Carte blanche dans une radio commerciale pendant 24h. Que fais-tu : Je pousse la logique à l’extrême en faisant jouer la même toune en boucle pendant 24 heures. Ou peut-être juste quatre mesures en boucle.

À part la radio, quels sont tes projets : Je finis ma maîtrise en sciences économiques. Disons que c’est un autre créneau. La radio et la musique ont toujours été des hobbies et j’aime ça ainsi. Ça ne m’a jamais empêché de dépenser beaucoup de temps à CISM depuis huit ans!

Le plus beau son : Celui d’un modem téléphonique qui se connecte à un réseau. Même des années après en avoir entendu un en direct, ça demeure un des sons les plus intéressants jamais produits par un objet de consommation.

Les images, c’est inutile parce que : Ça prend la moitié du cerveau pour les analyser. Cette matière grise peut être utilisée pour penser à autre chose à la place. L’ouïe est sur-développée chez les humains par rapport à nos besoins. Aussi bien s’en servir!

La radio au Québec a cruellement besoin de : Variété et d’audace. Les grands réseaux de radio se ressemblent beaucoup trop et on a tendance à toujours vouloir viser le plus petit dénominateur commun. Les réseaux anglophones sont encore pires, avec leurs reprises d’émissions de Clear Channel, aux États-Unis. On aime chialer contre la radio-poubelle de Québec (et avec raison), mais, au moins, elle a l’audace de proposer une programmation différente qui nous sort de notre zone de confort et qui ne plaira pas à tout le monde.

On ne parle pas assez de : Notre propre talent local. J’ai parfois l’impression que certains journalistes préfèrent pondre des articles sur des groupes d’ailleurs parce que l’information est déjà disponible, parce que c’est plus facile. J’aimerais que la presse musicale québécoise s’inspire un peu de ce qui se fait côté cinéma ou même pour la gastronomie, où chaque long-métrage et chaque nouveau restaurant a droit à une critique détaillée, des entrevues, etc. On va même jusqu’à en extraire l’essence de notre culture, expliquer les courants politiques et sociaux, en faire des thèses de doctorat! J’aimerais bien qu’on ait un Xavier Dolan de la musique franco, pour le meilleur et pour le pire.

Pour écouter Guillaume Nolin à CISM, allumez votre transistor le dimanche soir, dès 21h, et syntonisez le 89,3 FM.

Par Marc-André Labonté

CISM à SXSW 2012

Mercredi 21 mars 2012

CISM a envoyé un émissaire au grand rendez-vous annuel d’Austin, Texas, en la personne de Didier Charette. Notre correspondant de festival a pondu un petit texte pour parler, en partie, de son expérience.

Mardi 13 mars 2012, c’est le réveil dans notre petite banlieue à 4km au sud d’Austin.

Depuis dimanche j’ai vagabondé dans cette ville complètement folle qui ne vit que par et pour SXSW en ce moment. Le festival culturel est divisé en trois volets : film, interactif et musical, qui commence officiellement aujourd’hui. Depuis notre arrivée, c’est le volet interactif qui bat son plein avec des centaines de néo-compagnies de branding/technologies qui tentent de nous faire vivre l’expérience de leur marque en nous donnant des cadeaux. Tout est gratuit, partout. En 2 jours, j’ai amassé, un téléphone Nokia, trois paires de lunettes de soleil, un sac à dos, des t-shirts, des revues en plus de tous les repas qui sont offerts en échange du téléchargement d’applications.

Japandroids vole le show

Hier soir, j’étais au Mohawk Bar, sur la rue Red River, en plein cœur des festivités, pour assister à un spectacle de Wavves, DJ Kool Keith et du duo vancouvérois, Japandroids, présenté par TUMBLR. C’est Japandroids qui a ouvert le bal et comme je l’aime; les gars n’avaient pas dormi depuis samedi, car ils étaient au Brésil pour donner des spectacles et avaient du prendre l’avion pour Austin tout de suite après leur prestation de samedi soir à Porto Alegre. Le chanteur scandait que c’était pour l’amour du rock and roll. Ils étaient complètement fous, dans une bulle musicale de noise-pop qui entraînait la foule vers la débauche totale devant le soleil texan qui se couchait derrière la scène. La musique de Kool Keith est tombée à plat après toute l’énergie offerte par Japandroids.

La table est bien mise pour le reste du volet musical. Cette semaine, je planifie voir Grimes, Dragonette, DEV, Toddla T, SBTRKT, Andrew W.K, Sleigh Bells, Das Racist, Danny Brown en plus des spectacles de la Planet Québec avec Karim Ouellet, Fanny Bloom, Canailles, Dance Laury Dance ainsi qu’Ariane Moffatt avec qui nous aurons peut-être la chance d’aller «tirer du gun»… À suivre.

Bon, le centre-ville m’appelle, je vais m’y rendre pour faire ce qu’on nous apprend au primaire : faire la file!

Par Didier Charette (On prend toujours un micro, Palmarès du lundi)

CISM et les Jutra

Vendredi 16 mars 2012

Dimanche dernier, dès 18h00, j’étais assise dans la salle de presse aménagée au Théâtre St-Denis, afin de vivre l’expérience des Jutra. Le gala hors d’ondes était animé par Emmanuel Bilodeau, qui est décidément prêt pour son « one man show » à débit rapide. Six catégories ont été présentées, dont celle du film s’étant le plus illustré à l’extérieur du Québec, remportée par Incendies de Denis Villeneuve.

Pour une deuxième année, l’animation de la version en direct de la cérémonie a été confiée à Sylvie Moreau et Yves Pelletier, qui ont également écrit leurs textes. Ils ont su nous offrir un gala très rythmé, rempli de délicieux moments mordants. Les Jutra ont montré notre génie! La mise en scène de Brigitte Poupart a su nous en mettre plein la vue. On applaudit du même coup l’équipe du studio Turbine pour les nombreuses projections qui mettaient en valeur notre cinéma ainsi que les catégories annoncées.

Personnellement, mon moment préféré est sans nul doute la présentation de la catégorie meilleure réalisation, où l’on parodiait trois émissions par des sketchs préenregistrés. Interprétés avec brio, les « Spot Life » (version « Musique Pluche » qui manque de rigueur), « Plaisirs cultivés » (version émission d’après-midi qui aime trop) et « Pelliculte » (version intellectuelle où l’on se contredit), ont été de vrais petits bijoux d’écriture comique.

Spot Life : « Philippe Fardoche pour Monsieur Bagdad, euh Monsieur L’arabe, euh s’cuser. »
Pelliculte : « C’est LE réalisateur de sa génération! Il est sa génération. Il est gênant pour les autres de sa génération. Il est le génome de sa ration. Il a les gênes de sa narration.
-  Philippe Falardeau?
- Non, Denis Villeneuve!
- Ah OK!»

C’était délectable!

Du côté des gagnants, c’est sans surprise que Monsieur Lazhar et son équipe sont repartis avec les plus importantes récompenses. Encore une fois, Philippe Falardeau a bien su mettre en mots, de façon rigolote, ses sentiments en tant que meilleur réalisateur: « Y’a à peine 5 ou 6 ans, on me prenait pour le fils de feu Pierre Falardeau. Aujourd’hui, quand je me promène dans la rue, on me dit : bonjour monsieur Villeneuve. J’t’assez tanné Denis! Et demain, on va me dit enfin : félicitations monsieur Lazhar! »

J’en reviens pas que les deux enfants aient gagné dans les rôles de soutien. Je sens une touche d’exagération et une injustice envers les autres acteurs. Tout le monde était en émoi total dans la salle de presse. C’est plutôt facile d’être en émoi, non? Une catégorie espoir saurait-elle mieux faire valoir de nouveaux talents, surtout à leurs âges?

Mention honorable à Gilbert Sicotte, dont le jeu, en tant que Marcel Lévesque dans Le vendeur de Sébastien Pilote, a été récompensé. Bien joué! Il le mérite tellement!

Les moments les moins réussis, eux, sont venus des remerciements. En premier lieu, le texto de Vanessa Paradis lu par Jean-Marc Vallée lorsqu’il est venu cueillir la statuette de meilleure actrice pour Café de Flore. Vraiment? Un texto? Elle n’aurait pas pu envoyer un message vidéo qui ne donne pas l’impression que le réalisateur se félicite lui-même? Eh ben. Autre mauvais moment : la gagnante du Jutra du meilleur montage, Élisabeth Olga Tremblay, pour le film Snow and Ashes. Un post-it ça colle et c’est difficilement dépliable quand tu trembles. Maintenant, elle est au courant.

Moment fort en émotion du gala : l’hommage à Paule Baillargeon. Troisième femme à recevoir ce prix après Anne-Claire Poirier (2002) et Denise Filiatrault (2006). Le montage hommage réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette était sublime. J’adore Paule Baillargeon, j’en étais émue aux larmes alors qu’on voyait les réalisatrices Maryse Legagneur, Sophie Goyette, Anne Émond, Isabelle Lavigne, Myriam Verreault, Sophie Deraspe, Sarah Fortin, Jennifer Alleyn et Julie Hivon la remercier. Si vous n’avez jamais vu son documentaire Claude Jutra : portrait sur film (2002), courez à un club vidéo! Son nouvel opus, Trente tableaux, sort en salle(s) le 23 mars.

J’ai eu l’honneur de soupeser le Jutra-Hommage de Paule Baillargeon. (En passant, c’est PAU-LE, pas Paul, comme on l’entendait en salle de presse.) Je peux donc vous affirmer que le Jutra est beaucoup moins lourd que le Génie, il en va de même pour la cérémonie.

Voici quelques photos de gagnants. Désolée pour la qualité moyenne, j’ai trop de respect pour les photographes, pour dire que j’en suis une.

Après les Oscars où il était en lice pour son premier film, le sympathique Dimanche produit par l’ONF, Patrick Doyon a remporté le Jutra du meilleur film d’animation. Habillé grâce aux conseils de notre animatrice du palmarès préférée, Catherine Perreault, qui a su obtenir les services de la même boutique habillant Philippe Falardeau pour les Oscars. Les deux avaient remis leurs beaux habits pour les Jutra. « Je ne suis pas superstitieux! » a mentionné Patrick Doyon tout sourire.

Très inspirée (et inspirante), la récipiendaire du prix Jutra-Hommage a offert un vibrant discours, soulignant l’anniversaire de Claude Jutra au passage : « Claude aurait eu 82 ans aujourd’hui. » Puis, elle a terminé en nous mentionnant une phrase du cinéaste étatsunien, John Cassavetes : « Est-ce qu’il ne vaut pas mieux se battre et perdre que de souffrir et rêvasser en silence. »

Par Julie Lampron

Hans Heinrich en Session Live

Vendredi 16 mars 2012

Pas facile de faire une session quand on doit changer d’instruments à chaque chanson comme là fait Hans. Défi relevé. Voici un extrait de la session d’hier soir.

Hans Heinrich – Cherche Moi (Live à CISM) by CISM 89,3 fm

Écoutez la Session Live avec Hans Heinrich.

Rencontre avec Melissa Maya Falkenberg: folk passion

Jeudi 15 mars 2012

Ça fait déjà un peu plus d’un an que le rendez-vous folk-country du 89,3 FM, Folk toi folk moi, n’est plus… un projet radio, il s’entend. Dans ma constante quête de savoir et de contenu de qualité pour vos matières grises, j’ai retracé celle qui a mené le bateau Folk toi folk moi à CISM de 2006 à 2011, Melissa Maya Falkenberg. Le temps d’un brunch, on a parlé de tout et de rien. Elle, enceinte jusqu’aux oreilles, comme dirait Stéphane Lafleur, et moi, curieux de savoir d’où lui venait cette passion pour la musique country sous toutes ses formes. Rencontre.

De l’importance du Columbia House

Marc-André Labonté: Commençons par le commencement. Folk toi folk moi a nettement bénéficié de ta passion pour la musique. À quand remonte ton amour pour la chose musicale?

Melissa Maya Falkenberg: Si je pense à ce que représente la musique dans ma vie, c’est un peu débile. C’est étrange puisque je ne viens pas du tout d’une famille super-musicale. Beaucoup de gens pensent que dans ma famille, on se réunit autour d’un feu de camp avec une guitare, des chapeaux de cowboys et qu’on chante nos samedis soirs. Non.

Mais quand j’étais petite, ma mère m’emmenait dans des déjeuners du genre « musique et brioche », à la Maison des arts de Laval. C’était surtout des concerts de musique classique. N’empêche, à douze ans, lors d’un de ces déjeuners j’ai eu mon premier coup de foudre musical pour le piano.

À la même époque, ma mère a succombé aux pressions du club de disques Columbia (Columbia House). Elle était vraiment dedans! Il fallait choisir les 20 disques gratuits parmi toutes les petites images du dépliant. Sans trop de surprises, ma mère a pris la même chose que tout le monde: les grands succès des Beatles, de Bob Marley, des Rolling Stones, des Doors, Roch Voisine, Céline Dion… Enfin, les options probables de tous les baby boomers québécois. Mais parmi ces disques, il y avait le « greatest hits » de Bob Dylan.

Pour elle, c’était un disque parmi tant d’autres, mais pour moi, quand l’album a joué une première fois… j’ai capoté. Je commençais à apprendre l’anglais, « Rainy day woman » ouvrait le disque, j’entendais « everybody must get stoned » en fanfare, coup de foudre. À douze ans, je voulais marier Bob Dylan.

M.-A. L. : Et de Bob Dylan est venu ton amour pour le folk et le country? Pouf?

M. M. F. : Tranquillement. Bob Dylan m’a fait tomber pour le folk, mais le country n’existait pas encore pour moi. J’ai commencé à investir mon argent de poche en albums et j’ai constaté la mer de musique qui s’étendait devant moi quand j’ai consulté la section dédiée à Dylan au HMV. J’avais des croûtes à manger.

L’école de la musique

M. M. F. : Quand je suis sortie de la polyvalente, j’ai fouillé les programmes offerts au CÉGEP et à l’université. Je suis tombée sur un cours d’histoire du rock and roll à Concordia (rock and roll and its roots). Il y avait un cours dédié au folk dans la session. Je n’en demandais pas plus.

C’est en suivant ce cours que ma passion pour la musique et son histoire a pris son envol. J’ai tellement aimé ce cours et le professeur, Craig Morrison, que j’ai continué à prendre des leçons privées avec lui, jusqu’à tout récemment. Il m’a littéralement vu grandir de 17 à 28 ans!

M.-A. L. : Alors c’est ce prof qui t’as vraiment fait découvrir le country.

M. M. F. : Absolument! Au cours de la session, Craig avait fait jouer du country à quelques reprises et, à chaque fois, je me demandais pourquoi n’entendait-on jamais ce genre de musique à la radio? C’était tellement bon, pourtant. J’ai eu un coup de coeur immense pour le country. Je ne sais pas si je peux dire que c’était plus fort que mon amour pour le folk, mais j’étais renversée.

À la même époque, je débutais à CISM. Comme j’avais une émission où je faisais jouer du folk, je me suis dit: « Pourquoi ne pas élargir mon mandat et présenter toutes les variantes du country, un coup parti? »

J’ai entendu ta voix à la radio

M.-A. L. : Parlons-en, justement, de ton arrivée à CISM. Ça s’est passé comment?

M. M. F. : À l’époque, je faisais partie de l’organisation du gala MIMI (Initiative musicale internationale de Montréal), avant l’arrivée du GAMIQ. Dan Webster, l’organisateur du gala, m’a demandé d’aller faire une entrevue à Radio Centre-Ville. C’était la première fois que je faisais de la radio et j’avais vraiment aimé l’expérience. Les gens du 102,3 FM m’ont demandé si je voulais être bénévole et j’ai dit oui.

Ma première émission durait une demi-heure et s’appelait Émergence, avant que tout le monde utilise ce mot! Une fois par semaine, je faisais jouer du folk nouveau de Montréal et de Toronto, mais disons que je me suis vite rendue compte que je ne rejoignais pas l’auditoire cible de Radio Centre-Ville. C’est là qu’un ami, que je remercie vivement et dont le nom m’échappe, m’a parlé de CISM. C’est là où je me suis dirigée ensuite.

M.-A. L. : Et tu as réussi à te tailler une place à la première occasion? Ça a tout de suite fonctionné?

M. M. L. : Ben, il y avait une fille qui animait déjà Folk toi folk moi (titre d’émission trouvé par Étienne Roy, directeur de la programmation à l’époque), mais c’était à des lieues de ce que je voulais faire. J’ai gardé la même plage horaire, ajouté du country, parlé des racines de cette musique et donné une bonne place à la nouveauté, strictement folk et country. J’ai tranquillement construit Folk toi tout au long de mes années à CISM.

Éthique de travail et passion

M.-A. L. : Maintenant que c’est terminé, qu’est-ce que tu retiens de ton passage à la radio, en tant que média?

M. M. F. : J’ai toujours trouvé que c’était fascinant, à la radio, de pouvoir toucher les gens avec rien d’autre que de la musique et une voix. C’est ce qui m’a séduite dans ce média. Si j’ai arrêté, c’est parce que c’était devenu beaucoup trop de travail et que j’avais besoin de temps pour mener à bien d’autres projets, dont la web série Folk toi folk moi. Beaucoup de gens pensent que c’est facile de préparer une émission de radio, qu’on arrive avec une pile de disques et qu’on improvise. C’est tellement faux!

Dans une radio comme CISM, en plus, on doit tout faire en solo: mise en ondes, recherche, sélection musicale, entrevues… Je pense que je me suis forgée une discipline, une éthique de travail, avec Folk toi folk moi. Quand tu prépares une émission spéciale western swing 1947, tu dois être à ton affaire si tu ne veux pas avoir l’air fou en ondes. Il fallait apprendre du nouveau à chaque semaine!

Aujourd’hui, j’hésite à parler des premières années. L’émission a tellement évolué! Je n’ose pas écouter les « shows » du début [rires]. Ma voix n’était pas toujours à point, j’hésitais… Mais CISM est une radio école et, au commencement, les animateurs ne sont pas tout le temps au sommet. À la longue, ça a payé! J’ai tissé des liens avec la communauté, j’avais des demandes spéciales, je sentais de la pression. J’ai dû y mettre plus d’effort. Le projet m’a fait grandir énormément et la radio restera mon premier amour médiatique, c’est certain.

Du micro à l’image

M.-A. L. : Côté avenir et nouveaux projets, tu as lancé la première saison de Folk toi folk moi, la web série, à l’automne 2011. Où en est le projet? Qu’est-ce qui s’en vient? Jasons.

M. M. F. : Ça faisait longtemps que je voulais transposer Folk toi en images. Il n’y a qu’une saison pour le moment, où on présente quatre types de musique country (rockabilly, honky tonk, bluegrass, western). Éventuellement, il faudrait élargir le projet pour parler de toute l’étendue du country et du folk. Mais surtout, j’aimerais mettre sur pied une plateforme pour les artistes locaux, pour informer les gens sur cette musique et sur les talents d’ici qui la font vivre. Il y a tellement de travail à faire…

M.-A. L. : D’où ton exaspération dans une certaine lettre ouverte?

M. M. F. : Oui, oui… Mais tranquillement, je sens que les esprits s’ouvrent, que les curieux se manifestent. Que ce soit à Espace.mu, à VOX ou à Radio-Canada, j’essaie de transmettre ma passion pour le country, d’en parler.  Avec le Studio Home Sweet Home, aussi, on a le projet, Lucas [H. Rupnik] et moi, d’enregistrer beaucoup d’artistes folk-country locaux, indépendants et méconnus.

Je suis persuadée que la culture québécoise a donné naissance à un genre de musique country propre à la belle province. J’aimerais l’officialiser, le faire connaître et partager ses artisans et son histoire avec le monde.

M.-A. L : C’est un peu le combat de ta vie, non?

M. M. F. : « Combat de ma vie », c’est peut-être un peu fort. En fait, j’espère que je verrai les mentalités changer avant d’avoir 85 ans!

En attendant la suite des choses pour Melissa Maya Falkenberg, vous pouvez suivre Folk toi folk moi, en ligne, ici.

Par Marc-André Labonté

Les Appentices en Session Live

Vendredi 9 mars 2012

Les Appendices étaient dans notre studio hier pour la deuxième Session Live du mois de mars. Beaucoup de rire, quelques oublies de paroles et un talent de conteur incroyable, ça résume bien la soirée.

Les Appendices – Gaetan (Live à CISM) by CISM 89,3 fm

Suivez ce lien pour écouter la Session Live avec les Appendices.