Archive pour mai 2012

Cybèle culturelle: Rage

Jeudi 31 mai 2012

Le blogue de CISM propose une rubrique culturelle, signée par Cybèle Beaudoin-Pilon, qui participe aussi à l’émission Parce que ta mère préfère Montréal. C’est parti!

Rage est un mot qui voit rouge, mais la pièce mise en scène et interprétée par l’artiste Vicky Côté elle, est tout en transparence. Présentée aux Écuries du 23 mai au 1er juin, la création du théâtre à Bout portant dévoile un solo charmant enrobé dans le papier bulle.

Ce matériel, qu’on aime tant faire éclater entre nos doigts, tapisse d’ailleurs la scène et fait craquer  bruyamment les pas des spectateurs dès leur entrée dans la salle. Impossible donc, de passer inaperçu et malheur aux retardataires! Car dans Rage, c’est une transparence qui, contrairement à l’invisible, expose. On y dévoile l’univers d’une femme en quête d’amour qui jongle, seule, avec ses multiples complexes.

La versatile Saguenéenne Vicky Côté mène sur scène une performance physique exigeante qui la laisse en sueur (et probablement en douleur). Alors qu’elle boudine son corps avec du ruban transparent afin de faire disparaître quelques mollesses inexistantes et se fabrique des amoureux imaginaires en plastique, l’interprète se révèle habile dans l’art de la suggestion. Si je m’attendais à voir plus de dialogues, le jeu de l’artiste qui est aussi marionnettiste, s’apparente à celui du mime. Et malgré quelques longueurs,  c’est justement cette touche d’humour qui empêche la pièce de devenir trop lourde.

Rage tente « d’explorer cette détresse humaine qui nous habite à travers la perception de soi et le besoin des autres; à travers l’immense doute qui nous anime et l’intensité dont nous sommes capables ». Un propos vaste sur la condition humaine, que la courte pièce ne fait justement qu’explorer mais qui confère, à ceux qui y assistent, des tableaux visuels touchants. Bref, une pièce émouvante sur  l’angoisse, sa puissance et sa fragilité.  Parfois on voudrait protéger tout dans le papier bulle, mais comme dit Vicky Côté, « c’est si facile à faire éclater aussi ».

Par Cybèle Beaudoin-Pilon

Dans le micro-ondes: Dany Gallant

Mercredi 30 mai 2012

Dans le cadre de la série « Dans le micro-ondes », CISM vous présente ses artisans, animateurs, bénévoles, bons samaritains et autres piliers du 89,3 FM. Voici le questionnaire éclair de Dany Gallant, co-animateur du Programme.

Pour toi, CISM, c’est : Une bouffée d’air frais constante dans le paysage radiophonique québécois.

L’album que tu as écouté 10 000 fois et que tu écouteras encore 10 000 fois : Untrue, de Burial.

Tu peux interviewer la personne de ton choix. Quelle est la question que tu dois absolument poser : Keith Emerson (fondateur de Emerson, Lake & Palmer) : « Pis, el’ gros, comment tu la trouves, la musique, aujourd’hui? »

La pire ou la meilleure expérience en ondes : La meilleure : être en direct des Francofolies et interviewer Mickey 3D. La pire : apprendre cinq minutes à l’avance que tu vas interviewer Mickey 3D sans préparation.

Carte blanche dans une radio commerciale pendant 24h. Que fais-tu : Un blanc de 24h pour forcer les auditeurs à trouver une alternative. Ils pourront découvrir qu’il y a d’autres postes sur la bande FM et que la bande AM existe aussi.

L’album de reprises parfait. Qui reprend qui : Alaclair Ensemble qui reprend les chansons parlées de Lucien Francoeur, surtout le « Rap à Billy ».

La radio au Québec a cruellement besoin de : Couilles, d’initiative et de risque.

On ne parle pas assez de : On ne parle pas assez de LA Musique, de ses branches les plus complexes et les plus obscures. On n’amène pas assez l’auditeur à se former une oreille, à comparer, à différencier un type musical d’un autre, à le sortir de sa zone de confort.

Pour connaître la suite du programme de Dany Gallant, écoutez le 89,3 FM les mardis, entre 16h et 18h.

Par Marc-André Labonté

CISM à Cannes: quand l’Italie décide

Mardi 29 mai 2012

À l’occasion du 65e festival de Cannes, Julie Lampron, chroniqueuse cinéma par excellence du 89,3 FM, blogue directement de la France pour vous faire partager son expérience et sa couverture médiatique. Ça tourne!

Déjà finie, la 65e édition du festival de Cannes? Ben oui! Et ça s’est fait sous une pluie torrentielle où dansaient les palmiers et les parapluies.

Voici le palmarès final, non sans quelques scandales puisque De rouille et d’os de Jacques Audiard et Holy Motors de Leos Carax, favoris dans plusieurs listes journalistiques, sont partis les mains vides. Allez savoir! Il paraît que le débat final du jury et de son président, Nanni Moretti, a été houleux et qu’aucun choix n’a fait l’unanimité.

Emmanuelle Riva

Compétition officielle long métrage :

Palme d’Or : 
AMOUR réalisé par Michael HANEKE (avec mention honorable pour les acteurs : Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva)

Grand Prix : 
REALITY réalisé par Matteo GARRONE (SCANDALE !! Celle-là personne ne l’a vu venir sauf un Italien…)

Prix de la mise en scène : 
Carlos REYGADAS pour POST TENEBRAS LUX

Prix du scénario :
 Cristian MUNGIU pour DUPÃ DEALURI (AU-DELA DES COLLINES)

Prix d’interprétation féminine : 
Cristina FLUTUR et Cosmina STRATAN dans DUPÃ DEALURI (AU-DELA DES COLLINES) réalisé par Cristian MUNGIU

Prix d’interprétation masculine : 
Mads MIKKELSEN dans JAGTEN (LA CHASSE) réalisé par Thomas VINTERBERG

Prix du Jury
 : THE ANGELS’ SHARE (LA PART DES ANGES) réalisé par Ken LOACH (belle surprise !)

Compétition officielle courts métrages :

Palme d’Or : 
SESSIZ-BE DENG (SILENCIEUX) réalisé par L.Rezan YESILBAS

Caméra d’or (meilleur premier film, parmi 25 œuvres inscrites) :

BEASTS OF THE SOUTHERN WILD (LES BÊTES DU SUD SAUVAGE) réalisé par Benh ZEITLIN

Palmarès Un certain regard (jury présidé par Tim Roth):

Mention spéciale :
DJECA (ENFANTS DE SARAJEVO) réalisé par Aida BEGIC

Prix d’interprétation féminine : 
À PERDRE LA RAISON interprété par Emilie DEQUENNE et LAURENCE ANYWAYS interprété par Suzanne CLÉMENT

Prix spécial du Jury : 
LE GRAND SOIR réalisé par Gustave KERVERN, Benoît DELÉPINE

Prix Un Certain Regard
 : DESPUÉS DE LUCIA réalisé par Michel FRANCO

Pour plus de détails concernant la fin du festival de Cannes, synthonisez la Marge pour les émissions La swompe (jeudi entre 16h et 18h) et Les méconnus (vendredi entre 10h30 et 12h00).

Par Julie Lampron (suivez-la sur Twitter sous le pseudo Amenicart)

CISM à Cannes: tout flotte

Mercredi 23 mai 2012

À l’occasion du 65e festival de Cannes, Julie Lampron, chroniqueuse cinéma par excellence du 89,3 FM, blogue directement de la France pour vous faire partager son expérience et sa couverture médiatique. Ça tourne!

Quiconque imagine qu’aller au festival de Cannes, peu importe le rôle qu’on y joue, et de le vivre à fond, en pensant que ce sera des vacances, fait une grave erreur. On court, on se fait pousser, dépasser, on dort peu, on mange peu, mais on en a plein la vue. C’est sûr que ça vaut la peine! Je conseille à tous et à toutes les cinéastes en devenir ou cinéphiles fous de vous payer Cannes un jour.  Si vous y êtes invités, tant mieux, ça vous évitera de perdre toutes vos économies.

Ici, c’est la flotte totale et, malheureusement, ça risque de durer. Il paraît que la dernière fois qu’un tapis rouge (celui du film Amour de Michael Haneke) a été aussi inondé, c’est en 1991. L’important, c’est de garder le moral et de chanter sous la pluie, ce qui n’est pas toujours chose facile, par contre. Une chance qu’il y a des œuvres qui sont de véritables bijoux. Voici quelques films en compétition officielle qui, jusqu’à maintenant, ont capté mon intérêt :

"De rouille et d'os", de Jacques Audiard

1) De rouille et d’os de Jacques Audiard
Un véritable coup de cœur! Si ce film n’obtient pas de prix, je hurle « scandale! », jusqu’à ma mort. Vraiment, Audiard y va à fond avec une histoire riche et des acteurs justes et efficaces. Après le Grand prix du jury en 2009 avec Un prophète, je lui souhaite la palme des palmes. Audiard est vraiment un maître du son, de l’image et de l’introspection humaine. Je ne dis rien de plus, je vous laisse attendre et voir par vous-même.

2) Jagten (La chasse) de Thomas Vinterberg
Membre du Dogme 95 avec Lars von Trier, Thomas Vinterberg avait fait son entrée en 1998 avec son premier long métrage : Festen (Célébration). Il nous revient avec pour sujets la rumeur, l’injustice et la honte. Un film puissant qui place le public au même niveau que le personnage principal, rejeté de tous après qu’une fillette ait déclaré à la directrice de la garderie qu’un des gardiens a été indécent avec elle. Ça prend aux tripes et ça met en rage.

"Jagten", de Thomas Vinterberg

3) Amour de Michael Haneke
Le film du maître autrichien, gagnant de la Palme d’or en 2009 pour Le ruban blanc, était très attendu, tout comme ses interprètes : Jean-Louis Trintignant (Z, Vivement dimanche, Un homme et une femme) et Emmanuelle Riva (Hiroshima mon amour), tous deux octogénaires et qui reviennent au grand écran pour un plaisir partagé par tous sur la Croisette. Vieillir n’est pas tâche facile quand le corps lâche et qu’on doit s’occuper de la femme qu’on aime. Un film sans complaisance, d’une grande vérité.

4) Paradis : amour de Ulrich Seidl
Version frontale, crue et aux paramètres déstabilisants, comme tous les films de Seidl d’ailleurs, de femmes qui vont au Kenya pour se payer du bon temps et devenir des sugar mamas pour de jeunes hommes en manque d’argent. Pas facile, le malaise est palpable, mais c’est un film intelligent et honnête. Version hardcore de Vers le sud de Laurent Cantet. C’est le début d’une trilogie sur la recherche du bonheur. Très hâte de voir les autres.

Le film à éviter : Like someone in love d’Abbas Kiarostami. J’ai perdu deux heures de ma vie, bordel!

En passant, il est à souligner que, cette année, nous célébrons les 40 ans de la venue de Gilles Carle en compétition avec La vraie nature de Bernadette. Sans oublier les 20 ans de Leolo de Jean-Claude Lauzon, en compétition la même année que Twin Peaks de David Lynch et Being at home with Claude de Jean Beaudin, dans la section Un certain regard. Nos grands, et il y en a beaucoup d’autres, franchissent le tapis rouge de Cannes depuis un bout. Continuons!

La 65e édition du festival de Cannes se termine le dimanche 27 mai. Rendez-vous aux émissions La swompe et Les méconnus pour des nouvelles en direct de cette grande manifestation cinématographique!

Par Julie Lampron (suivez-la sur Twitter sous le pseudo Amenicart)

Dans le micro-ondes: Martin Roussy

Mardi 22 mai 2012

Dans le cadre de la série « Dans le micro-ondes », CISM vous présente ses artisans, animateurs, bénévoles, bons samaritains et autres piliers du 89,3 FM. Voici le questionnaire éclair de Martin Roussy, animateur vétéran du Manchot.

L’album que tu as écouté 10 000 fois et que tu écouteras encore 10 000 fois : The wall, de Pink Floyd.

Qu’est-ce que tes parents écoutaient quand tu étais jeune : Elvis, les Beatles, CCR, Raoul Duguay, Richard Desjardins, Richard Séguin, Santana.

La pire ou la meilleure expérience en ondes : La meilleure : se faire chanter « Les aurores » live dans la face par Mara Tremblay. La pire : ex aqueo entre mes entrevues avec Les Chiens et Béluga.

Carte blanche dans une radio commerciale pendant 24h. Que fais-tu : Je fais tourner de la musique CISMienne pour démontrer aux auditeurs qu’il y a du bon dans la relève. Soit ça ou je laisse tourner leur musique habituelle, mais j’ouvre les micros en faisant des bruits de pets avec ma bouche par dessus la musique!

L’album de reprises parfait. Qui reprend qui : J’adore la reprise de « Superstar », des Carpenters, par Sonic Youth. Je pense qu’un album complet « Sonic Youth reprennent The Carpenters », ça pourrait varloper musicalement.

La radio au Québec a cruellement besoin de : Se réinventer! Le médium ne peut pas durer encore 20 ans à faire tirer des t-shirts et en faisant des e$t!e de concours! On a la chance de pouvoir rejoindre les gens sans capter l’entièreté de leur attention et la télé et les magazines ne peuvent pas en prétendre autant. La radio, c’est un ami qui t’accompagne, non? Et en général, au Québec, cet ami là est un e$st!e de moron, qui fait des jokes plates et qui n’a rien à dire…

On ne parle pas assez de : La situation des Amérindiens au Québec…

Martin Roussy défrise votre réveil, à tous les lundis, de 7h à 9h, au 89,3 FM, CISM.

Par Marc-André Labonté


Cybèle culturelle: Kanata, une histoire renversée

Jeudi 17 mai 2012

Le blogue de CISM propose une rubrique culturelle, signée par Cybèle Beaudoin-Pilon, qui participe aussi à l’émission Parce que ta mère préfère Montréal. C’est parti!

Des mocassins urbains achetés à rabais, un like de tipi sur Pinterest, un capteur de rêve qui pend au rétroviseur, un nom de totem dans les partys, mais, derrière ces symboles aujourd’hui commerciaux, l’ignorance d’un peuple face à son histoire. Du 26 avril au 19 mai, au théâtre Lachapelle, le théâtre du Sous-marin jaune jette un pont entre le passé et le présent à l’aide de peluches sympathiques en présentant Kanata, une histoire renversée (1ère partie).

Antoine Laprise et Jacques Laroche, metteurs en scène de Kanata, une histoire renversée

Se décrivant lui-même comme un Indian lover, Jean-Frédéric Messier, auteur de la pièce, a voulu déconstruire la vision coloniale de notre histoire qui lui avait été inculquée dès la petite école. Kanata, c’est d’abord l’histoire de ce qu’on appelle le Canada, mais du point de vue des premiers Américains : les Amérindiens. Un sujet méconnu et pourtant, dont l’héritage est aussi primordial que celui de l’Antiquité grecque ou Latine selon Lévi-Strauss. D’après Jean-Frédéric Messier, « cette ignorance est un fossé qui nous sépare. Qui nous sépare d’eux, qui nous sépare de nous. Parce que les autres, c’est Nous ».

Le Sous-marin jaune est un théâtre de marionnettes qui a l’habitude de s’attaquer à des classiques comme Candide ou La bible et l’utilisation de ceux-ci dans Kanata confère à la pièce toute son originalité. Non seulement l’utilisation des miniatures permet de déjouer les coûts élevés du théâtre conventionnel, mais il y a aussi un  côté captivant, presque magique, à regarder des objets prendre vie grâce à l’expertise d’un marionnettiste. Ça tombe bien, l’esprit de la matière est, après tout, un concept très animiste…

Si le loup bleu et le castor qui narrent les différents chapitres de la pièce peuvent parfois me faire penser à Bibi et Geneviève au musée Pointe-à-Callière, il reste que le propos est adulte et teinté d’humour. La pièce réussit à contourner le danger du kitsch qui mine trop souvent les pièces historiques, car comme l’affirme Jean-Frédéric Messier, «  un comédien contemporain habillé d’un pagne qui interprète un personnage historique amérindien est une idée qui ferait fuir la plupart des spectateurs normalement constitués. Il y a des tabous esthétiques qu’on ne saurait transgresser ».

Au final, les marionnettes du théâtre du Sous-marin jaune nous permettent de comprendre que les choses n’ont pas changées et, en jetant un pont entre le passé et le présent, révèlent l’envers d’une situation bien actuelle. À l’aide de peluches, Jean-Frédéric Messier nous parle d’un Canada fondé sur l’appropriation des ressources naturelles par des étrangers et d’une colonisation toujours en cours. Si le rapport de domination de la nature, la division des classes et l’accumulation du capital caractérisent les sociétés européennes, les valeurs collectives du Québec, qui poussent des milliers de jeunes à descendre dans les rues depuis les trois derniers mois, nous rapprochent tout d’un coup de nos ancêtres à nous, les Premières Nations.

Par Cybèle Beaudoin-Pilon

CISM à Cannes: 65 ans, toujours aussi fringant!

Mercredi 16 mai 2012

À l’occasion du 65e festival de Cannes, Julie Lampron, chroniqueuse cinéma par excellence du 89,3 FM, blogue directement de la France pour vous faire partager son expérience et sa couverture médiatique. Ça tourne!

Le Noël des cinéphiles est arrivé! Pour une deuxième année, j’ai le privilège d’être accréditée pour le célébrissime festival de Cannes. En tout, 56 journalistes canadiens sont accrédités cette année, dont 24 Québécois. Je parcourrai donc la fameuse Croisette et ses salles de projection pour vous raconter le revers des activités. En plus de la compétition, le Festival de Cannes regorge d’événements, mondains pour la plupart, qui célèbrent le septième art. N’étant pas de ce calibre de vie, mon party sera de vous décrire les hauts faits de la semaine, rencontrer de nouveaux talents à découvrir et de vivre pleinement l’aventure cinématographique offerte dans ce cadre enchanteur du sud de la France.

Évidemment, les Québécois sont bien représentés (et absolument adorés). Outre notre Xavier Dolan national qui propose Laurence anyways en sélection dans la catégorie Un certain regard, Chloé Robichaud et son film, Chef de meute, sont en compétition dans la sélection des courts métrages. Pour tout le reste et bien plus, je vous invite à parcourir les liens qui suivent, qui vous permettront d’en connaître un peu plus sur le festival et ses programmes, mais surtout, je propose à vos oreilles de faire le plein cannois sur les ondes de votre marge préférée lors des émissions La swompe et Les méconnus. Côté écriture, le blogue de CISM et le Webzine des Méconnus seront dans la mire de mon doigté.

Le Festival commence le 16 mai et se poursuivra jusqu’au 27 mai.

La compétition officielle (Long métrage) présidé par le cinéaste Nanni Moretti:
AMOUR réalisé par Michael HANEKE
BAAD EL MAWKEAA (APRES LA BATAILLE) réalisé par Yousry NASRALLAH
COSMOPOLIS réalisé par David CRONENBERG
DA-REUN NA-RA-E-SUH réalisé par HONG Sangsoo
DE ROUILLE ET D’OS réalisé par Jacques AUDIARD
DO-NUI MAT (L’IVRESSE DE L’ARGENT) réalisé par IM Sang-Soo
DUPÃ DEALURI (AU-DELA DES COLLINES) réalisé par Cristian MUNGIU
HOLY MOTORS réalisé par Leos CARAX
JAGTEN (LA CHASSE) réalisé par Thomas VINTERBERG
KILLING THEM SOFTLY (COGAN – LA MORT EN DOUCE) réalisé par Andrew DOMINIK
LAWLESS (DES HOMMES SANS LOI) réalisé par John HILLCOAT
LIKE SOMEONE IN LOVE réalisé par Abbas KIAROSTAMI
MOONRISE KINGDOM réalisé par Wes ANDERSON
MUD réalisé par Jeff NICHOLS
ON THE ROAD (SUR LA ROUTE) réalisé par Walter SALLES
PARADIES: LIEBE (PARADIS : AMOUR) réalisé par Ulrich SEIDL
POST TENEBRAS LUX réalisé par Carlos REYGADAS
REALITY réalisé par Matteo GARRONE
THE ANGELS’ SHARE (LA PART DES ANGES) réalisé par Ken LOACH
THE PAPERBOY (PAPERBOY) réalisé par Lee DANIELS
V TUMANE (DANS LA BRUME) réalisé par Sergei LOZNITSA
VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU réalisé par Alain RESNAIS

Compétition officielle (courts métrages) présidé par Jean-Pierre Dardenne :
CE CHEMIN DEVANT MOI réalisé par Mohamed (dit Hamé) BOUROKBA
CHEF DE MEUTE réalisé par Chloé ROBICHAUD (Bravo, bravo !!)
COCKAIGNE réalisé par Emilie VERHAMME
FALASTEIN, SANDOUK AL INTEZAR LIL BURTUQAL (PALESTINE CAISSE D’ATTENTE DES ORANGES) réalisé par Bassam CHEKHES
GASP (SOUFFLE) réalisé par Eicke BETTINGA
MI SANTA MIRADA (MON REGARD SAINT) réalisé par Álvaro APONTE-CENTENO
NIGHT SHIFT réalisé par Zia MANDVIWALLA
SESSIZ-BE DENG (SILENCIEUX) réalisé par L.Rezan YESILBAS
THE CHAIR (LE FAUTEUIL) réalisé par Grainger DAVID
YARDBIRD réalisé par Michael SPICCIA

Un certain regard présidé par Tim Roth :
11.25 JIKETSU NO HI, MISHIMA YUKIO TO WAKAMONOTACHI (25 NOVEMBRE 1970, LE JOUR OÙ MISHIMA A CHOISI SON DESTIN) réalisé par Koji WAKAMATSU
7 DÍAS EN LA HABANA (7 JOURS A LA HAVANE) réalisé par Benicio del TORO, Pablo TRAPERO, Julio MEDEM, Elia SULEIMAN, Gaspar NOÉ, Juan Carlos TABIO, Laurent CANTET
À PERDRE LA RAISON réalisé par Joachim LAFOSSE
ANTIVIRAL réalisé par Brandon CRONENBERG (oui, fils de David)
BEASTS OF THE SOUTHERN WILD (LES BÊTES DU SUD SAUVAGE) réalisé par Benh ZEITLIN
CONFESSION OF A CHILD OF THE CENTURY (CONFESSION D’UN ENFANT DU SIÈCLE) réalisé par Sylvie VERHEYDE
DESPUÉS DE LUCIA réalisé par Michel FRANCO
DJECA (ENFANTS DE SARAJEVO) réalisé par Aida BEGIC
ELEFANTE BLANCO réalisé par Pablo TRAPERO
GIMME THE LOOT réalisé par Adam LEON
LA PIROGUE réalisé par Moussa TOURÉ
LA PLAYA D.C. réalisé par Juan Andrés ARANGO
LAURENCE ANYWAYS réalisé par Xavier DOLAN
LE GRAND SOIR réalisé par Benoît DELÉPINE, Gustave KERVERN
LES CHEVAUX DE DIEU réalisé par Nabil AYOUCH
MISS LOVELY réalisé par Ashim AHLUWALIA
MYSTERY réalisé par LOU Ye
RENOIR réalisé par Gilles BOURDOS
STUDENT réalisé par Darezhan OMIRBAYEV
TROIS MONDES réalisé par Catherine CORSINI

Le Festival de Cannes, c’est aussi…

La semaine de la critique met en avant-plan les nouveaux talents pour leur première ou deuxième œuvre. Créée en 1962 par le Syndicat français de la critique de cinéma, on retrouve dans son jury section courts métrages, le grand boubou de Prends ça court !, directeur de la programmation du festival Regards sur le court métrage du Saguenay et tutti quanti : Danny Lennon.

La Quinzaine des réalisateurs est une section non compétitive (parce que c’est bien, aussi, quand la compétition n’est pas un enjeu, eux autres l’ont compris…) créée suite aux événements de mai 68 par la Société des réalisateurs de films. Cette année, c’est Michel Gondry qui ouvre ce pan indépendant qui représente la liberté cinématographique, avec son nouveau film : The we and the I. On y remet également un prix honorifique, le Carrosse d’or, permettant de célébrer l’innovation dans l’œuvre d’un réalisateur. Cette année, la récompense est décernée au cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan (Uzak, Les trois singes, Il était une fois en Anatolie, primé en compétition officielle l’an dernier).

Par Julie Lampron (suivez-la sur Twitter sous le pseudo Amenicart)

Tympans chauffés: doublé folk-rock, chaud/froid

Mardi 8 mai 2012

Tim Presley et Ty Segall

Les dernières semaines ont enfin laissé entrevoir quelques bribes de beau temps, signe que la saison estivale est à nos portes. En lien avec ce changement de température, ce billet de Tympans chauffés présente deux albums qui, bien que similaires dans la forme musicale, sont diamétralement opposés. Le premier, Maraqopa, 11e album studio du Seattlïte Damien Jurado, marque la fin de la saison froide. L’autre, fruit de la collaboration entre Ty Segall et Tim Presley (qui utilise ici le nom de son groupe, White Fence), Hair, annonce l’arrivée de la chaleur et du beau temps. Analyse d’un bel enchaînement d’albums printaniers.

Fin d’hivernation : Maraqopa

Damien Jurado a de la route dans le ventre. L’auteur-compositeur commence à connaître sa recette, ses limites, sa zone de confort. En pleine possession de ses moyens, donc, Jurado continue sa lancée chez Secretly Canadian, avec un sixième album de ballades folk-rock cérébrales.

Le premier contact avec l’artiste, après quelques accords de guitare acoustique sur « Nothing is the news« , est sa voix : nasillarde lorsqu’elle monte aux gradins, gutturale, voire caverneuse, au plus bas de sa tessiture. Jurado n’a rien à envier à Neil Young ou à Chad Vangaalen. Et quelle ouverture que cette chanson!

J’affectionne particulièrement la première piste d’un album. C’est la façade, la porte d’entrée d’un voyage sonore, d’une escapade musicale. Souvent, chez les mélomanes qui aiment encore écouter un disque du début à la fin, si l’ouverture déçoit, les chances de compléter ne serait-ce qu’une écoute piquent du nez. M’enfin! sur Maraqopa, on a droit à une mise en oreille de luxe. « Nothing is the news » commence tranquillement, Jurado récite son premier couplet et… BAM! Un jam de riffs déferle sur nous. Pour trois minces paragraphes de texte, on a droit à cinq minutes de brume noisy, d’orgue, de guitares électriques qui se perdent dans l’écho ou qui se répondent avec paresse. MA-GNI-FI-QUE.

Si vous avez encore des doutes après cela, Maraqopa dévoile, un à un, les neuf autres trésors de son coffre. Par contre, après « Nothing is the news », le rock est terminé. Place au folk de tête, au rêve-éveillé d’un philosophe éméché. Parmi les meilleurs moments, on compte la prophétique « Life away from the garden » et sa chorale d’enfants qui rappelle (un peu) « Pa pa power » de Dead Man Bones, la ténébreuse « This time next year », qui évoque l’univers de Morricone, le temps d’une nuit étoilée en plein Death Valley, ou la déchirante « Working titles », poussée par un texte épatant, qui débute en force : « You could mess up my life in a poem/Have me divorced by the time of the chorus/There’s no need to change any sentence/When you always decide where I go next. »

Maraqopa est un album légèrement léthargique, parfait pour sortir tranquillement de cette torpeur froide qui continue d’engourdir les sens à la fin de l’hiver. Une fois cet état surmonté, on peut tout naturellement passer à la prochaine étape…

Fin d’hibernation : Hair

Retour à la normale avec un « super duo » réunissant Ty Segall, fier émule de feu Jay Reatard, et White Fence, membre de Woods, Darker My Love et fondateur de la maison de disques Woodsist. Ici, le folk-rock plonge dans le garage, l’irrévérence et l’imperfection raffinée.

Entre un rock lo-fi simplet et un folk grésillant, bourré de friture, Hair déroule ses 28 minutes de « turbo distorsion », de chansons avortées, de faux départs et de tours de force. Ici aussi, la première piste a des reflets de chef d’œuvre. « Time » débute avec un échec de méditation zen version rock (vous savez, le fameux « ahoummmmmmmmmmmm »). On s’enfarge deux fois dans ce décompte impossible, un peu comme quand François Pérusse met en scène des musiciens d’un café-chrétien jazz, incapables de lancer leur chanson en comptant « 1-2-3-4″, puis, hors de nulle part, on tombe dans une ballade folk brûlante à la « Old man » qui se termine en une cascade d’accords de power rock.

Dès lors, on ne sait plus quoi penser de Segall et Presley. Est-ce qu’on a affaire à deux ados attardés qui s’amusent avec des guitares comme des bambins avec de la gouache ou est-ce là une ruse visant à dissimuler le véritable génie qui se cache derrière cet album?

Le reste des huit chansons de Hair vient vite répondre à cette interrogation. Les deux lascars connaissent leur affaire et pas à peu près. Ce disque est digne des plus épiques road movies, à la fois nonchalant, grandiose et mordant. À ceux qui disent que rien ne pouvait surpasser les « Hey Joe » de Hendrix, « Wild horses » des Stones et autres « Travelling riverside blues » de Led Zeppelin, CCR et cie, détrompez-vous. Vous avez là deux artistes bien de leur temps qui démontrent, avec Hair, qu’on peut surpasser les classiques.

Pensez à ça, lorsque vous baptiserez vos balcons et barbecues en écoutant « Crybaby » ou « Easy rider », définitivement extirpés de votre sommeil hivernal.

Par Marc-André Labonté

Ludo Pin en Session Live

Vendredi 4 mai 2012

Ludo Pin était avec nous hier pour la dernière Session Live de la saison. Écoutez la délicieuse Si j’en abuse.

Ludo Pin – Si J’en Abuse (Live à CISM) by CISM 89,3 FM

Dans le micro-ondes: Annie Calamia

Mardi 1 mai 2012

Dans le cadre de la série « Dans le micro-ondes », CISM vous présente ses artisans, animateurs, bénévoles, bons samaritains et autres piliers du 89,3 FM. Voici le questionnaire éclair d’Annie Calamia, animatrice des Rebelles soniques.

Pour toi, CISM, c’est : Là où je passe l’essentiel de mes temps libres, une occasion en or de m’initier au monde des médias et de la scène locale, c’est un rassemblement de mélomanes, d’esprits critiques et de talents émergents. C’est aussi un élément médiatique essentiel dans l’écosystème médiatique montréalais.

L’album que tu as écouté 10 000 fois et que tu écouteras encore 10 000 fois : Le volume du vent, de Karkwa. J’ai un attachement particulier à cet album. Simplement parce qu’il a créé pour moi une porte d’entrée, un peu tardive, dans le merveilleux monde de la musique locale et de la radio alternative, monde avec lequel j’étais très peu familière avant d’être au CEGEP. Je suis un peu nostalgique sur les bords. J’ai tendance à associer certains moments marquants de ma vie à des disques. C’est cliché, mais j’ai eu un véritable coup de foudre pour Karkwa et je crois que, sans ce coup de foudre, je ne serais peut-être pas devenue animatrice à CISM!

Qu’est-ce que tes parents écoutaient quand tu étais jeune : Ma mère a toujours eu des goûts musicaux assez variés, en passant de la pop commerciale au jazz, des trames sonores au classique. Elle a toujours eu un gros faible pour Bryan Adams, dont les disques ont tourné très souvent chez moi, entre ceux de Zachary Richard et de Kevin Parent, dans les années 1990. Mon père, lui, mélange sa nostalgie pour Fleetwood Mac, le vieux matériel de Rod Stewart et du rock eighties de sa jeunesse avec les Cranberries, Coldplay et, surtout, U2.

Carte blanche dans une radio commerciale pendant 24h. Que fais-tu : J’amène Claude Rajotte avec moi et on enregistre une émission radiophonique spéciale « Destroy 24h » du « Cimetière des CDs ».

À part la radio, quels sont tes projets : Il faut dire que, depuis un an, la radio occupe une place primordiale dans ma vie. À part ça, je me consacre à poursuivre mes études en littératures de langue française et à planifier mon voyage d’études en Corse à l’hiver prochain.

L’album de reprises parfait. Qui reprend qui : J’aime bien quand un artiste reprend la chanson d’un autre sur disque ou en spectacle, mais lorsque cela constitue un album entier, je perds tout intérêt.

Le plus beau son : Celui de ma cafetière le matin!

La radio au Québec a cruellement besoin de : De vrais connaisseurs et passionnés de musique. Elle a aussi besoin d’un peu plus de diversité et de gens qui cessent de prendre leurs auditeurs pour des frileux.

On ne parle pas assez de : De la musicologie des musiques populaires. C’est une discipline académique plutôt jeune qui commence tranquillement à acquérir ses lettres de noblesse. J’y ai été initiée tout récemment lors de mes études en musique, arts et société. Ça m’a passionné. Au fond, c’est pour les « nerds » de musique pop!

Pour suivre Annie Calamia sur les ondes de CISM, écoutez Rebelles soniques, le mercredi, de 14h30 à 16h.

Par Marc-André Labonté